04.05.2008
Sans cesse lutter pour ne pas sombrer
Assis face au fleuve, liquide et désoeuvré, j’attendais… L’eau saumâtre, le fond invisible et au milieu des flots calmes, un cargo miteux, rouillé jusqu’au squelette, qui glissait comme une souche noire. S’engloutir et au gré des courants, rebondir comme une feuille collée à son destin, plus de goût, plus d’envie, mourir sans raison, mourir sans passion, mourir, mourir et mourir encore…
Et la poupée muette et grimaçante qui n’arrivait même plus à me faire rire, tandis que l’autre pantin montrait son visage fermé, une astuce maternelle peu recommandable. Où donc se cache la douceur de ce monde, les plantes sucrées arrosées par les brises marines, les après-midi d’ivresse tranquille sous un soleil nerveux. J’ai cassé le dernier miroir de la maison, trop méchant, trop vrai, peut-être trop vivant. Il n’y a que le silence et la fin, et puis le clapotis étrange des rives assassines.
Je suis du coton inconscient, une machine déréglée, un tout petit homme sans âme, un poisson qui rejoint sa bulle, un serpent solitaire qui s’étire sur les vaguelettes boueuses. A la honte s’ajoute l’abandon. Dommage, j’ai parfois remué mon corps comme une fête laiteuse, bougé ma tête comme un esthète impatient, secoué mes branches comme un pommier fécond.
De mon passage, il ne reste que des fruits pourris et l’amère sensation de n’être jamais né.
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10.04.2008
Extrait
Sous une heureuse lumière, près d’une tombe qui ressemblait à mon frère, devant mes deux fils fiers et amis, mes jambes s’échappèrent… Loin, loin dans mon cœur, j’avais ce rêve qui était mort, cette volonté de trouver les mots justes, les mots qui touchent. Et puis, je ne sais pas, je ne sais plus, j’ai perdu l’envie, tout était noir, triste et incertain. Même l’alcool, mon vieil ami, me fuyait ou pire encore m’enfonçait la tête sous l’eau. Les femmes aussi me fuyaient, tout comme le talent, l’argent, la reconnaissance et cette solitude qui m’écrasait, me faisait pourrir comme une plante trop arrosée. Le cerisier du jardin sortait ses premiers bourgeons et je contemplais mon clavier comme une arme fatiguée, un compagnon de souffrance qui s’était lassé. La même musique, le même refrain, la même lassitude. Et cet orage qui ne venait pas, ce ciel gris et sans fantaisie, cette lumière heureuse mais ennuyeuse… Les attributs sans le talent, la malédiction sans l’argent. Mon cœur affreusement ouvert à toutes les inconnues de passage, ces femmes sans tendresse et ces corps sans mémoire. Et le vent de la révolte ! Je n’ai plus ce courage là, je suis si déçu, si déçu que je ne sais plus quel chemin prendre, quel chanson chanter, quel poésie réciter. Oh, mes amis, mes lointains frères, laissez-moi rejoindre la terre et mon frère, le néant et le silence, l’harmonie et la beauté. Non, non, cette vie n’est pas pour moi, avec son hypocrisie, cette drogue qui me noie les veines, cette noirceur qui me sort les tripes à l’air tandis que les rois blasés s’envoient en l’air avec des russes effilées.
- Mais tu sais quoi, mais oui mon bonhomme, toi, tu sais quoi ?
- …
- Ah, tu réponds pas… Et d’ailleurs, je préfère… J’étais pas loin de te casser la gueule !
Et ce cul qui se balançait comme dans mon enfance, entre un éléphant et une girafe, un doudou et une comptine depuis longtemps oubliée. La géante aux chaussettes rouges… Il faudrait changer, partir, oublier ou quelque chose comme ça, regarder à la télévision la vie, observer les animaux s’éteindre sous les coups de nos mains impatientes, aboyer comme un esclave moderne, rire, rire parce qu’on ne sait plus quoi faire ! Ouais, le cerveau tordu, le foie malade, les tempes suantes, le ventre agressif et s’empiffrer de langoustines au clair de lune en regrettant ses quinze ans et les demoiselles agiles. Gazelles avides de vin et de paroles savantes. Je vomis, je crache et mes hurlements vous dérangent tout comme ce confort abusivement gagné. La maison aux étages, la chambre vide, les chats gourmands et dépressifs, publicité mensongère pour monstre à la double bosse chanceuse. J’ai connu un vieux musicien que les gens ne saluaient plus, un vieux monsieur très respectable qui ressemblait à un clochard talentueux. Il avait même une fille, une nana qui de ses doigts inventait une sensualité étrangère, un mouvement maladroit et fragile. Pauvre homme… A moi, l’ardente terre aux pouvoirs amnésiants.
Et je casse, casse toute cette musique qui ne me plait pas, ces instants à jamais perdus, ces mortelles randonnées où les sidéennes démoniaques inventaient la peste amoureuse. N’être que des fesses en l’air, un trou à combler, une larme… Une émotion qui devant les fascistes sûrs d’eux-mêmes savait les troubler, comme trois notes sur un piano, trois petites notes qui fredonnaient l’amour vrai, l’amour, l’amour…
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05.02.2008
Où sont les camps d'aujourd'hui ?
Chut, tais-toi… Ne vois-tu pas ?
Silhouettes noires dans le froid du Nord.
Chut, tais-toi… Bien sûr que tu ne le vois plus, comment le pourrais-tu ?
A misères anonymes, violences anonymes et morts sans cérémonie.
Chut, tais-toi… Bling, Bling, font tes petites poches pleines tandis que une à une, patiemment, les vitrines s’éteignent.
Il est tard et quelques camions passent de l’autre côté.
Oui, il est vraiment tard pour ces fantômes oubliés.
Chut, tais-toi car qui c’est ce que demain t’amènera ?
A vouloir survivre à tout prix, on finit par se détester.
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17.01.2008
BBBOOOUUUHHH
Vous savez, la Vérité, c’est une cour de prison où t’en finis plus de tourner en rond, de voir tes copains crever de silence et puis ta femme s’enfuir. Vous savez, la Vérité, ça ne dure qu’un moment parce qu’à force de la dire, on se lasse, on préfère vivre et puis se taire. Moi, quelque part, la Vérité elle m’a tué de nombreuses fois. La première, la meilleure comme on dit, c’est quand les poils ont poussé, que la barbe s’est durcie et que les yeux plissés, j’ai dit comme ça : « Maman, je sors, pousse-toi de là. » L’a pas voulu comprendre alors la gifle, elle est partie toute seule et la route s’est ouverte, énorme et belle, gigantesque et insatiable. Ouais, c’est là que j’ai croisé mes frères, des types qui en avaient gros sur la patate et qui ne s’arrêtaient pas à la cravate. Savaient voir les plaies et les cicatrices, des trucs qu’à l’école, ils font semblants d’ignorer. Ah, les hypocrites, ils ont le jugement sûr, la voix qui tremble pas et les intonations. Alors donc, Ma mère, ce premier soir, je l’ai écrasée contre le mur d’en face. J’étais un géant qui ne redoutait certainement pas la colère de Dieu… Et je suis passé de l’autre côté, aussi facilement qu’une petite fille à travers un miroir. Depuis le voyage se poursuit, avec tant de déceptions que l’on renonce à les compter, avec tant d’appétit, que beaucoup vous abandonnent par peur du ridicule.
Ah, mes passions, mes petites chéries, mes corps aimés…
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09.01.2008
Complices
Ce soir là, il était tard depuis très longtemps et la nuit vivait ses dernières obscurités. L’errance qui se renouvelle n’est qu’une mauvaise habitude, une tromperie facile mais ce soir là, quelque chose s’était brisée, quelque chose qui sans doute ne se réparerait pas. Au volant, tandis que l’ivresse tardait à s’envoler, la route défilait à grandes enjambées. Quelques gouttes de sueur sur le front et l’hésitation… Au loin, les vertes collines irlandaises… Des mots apaisés, le silence enfin après toute cette fureur. Mais derrière ? Des sourires à jamais mélancoliques et le profond regret de ne plus pouvoir se toucher. Comment vivre sans l’odeur pénétrante d’une maison habitée par des enfants, par les jeux et les pleurs, les contes et les joies. Il existe des gens sérieux, au-delà des mers et des paris enfantins. Devant ceux-là, que dire ? Moi, oui moi, j’ai connu les aventures de Sindbad et de Scaramouche, des histoires, ma fille, des histoires… Je n’en suis pas si sûr ! Qui pourrait dire ? Des prétentieux, ça pullule mais des gamins, c’est plus rare. La nuit, elle vous avale et c’est difficile de parler, de parler vraiment, des blessures et des cicatrices. Et à la fois, parfois, on se fait confiance. Et voilà tout… Je ne suis pas avare de mes sourires, ni d’amour. Je fais confiance à la nuit, voilà tout… Ah, tu connais cette chanson de Ferré, « les vieux copains », j’suis pas un gars sérieux. J’suis un de cela, mon Dieu ! « les vieux copains, qui mangent à la Sécu et qui ne savent plus où est le quartier latin… » Parfois, on se souvient, les longues marches qui s’achèvent forcément mais vers qui… Il y a des sourires qui ne trompent pas, des phrases qui se terminent par des Camarades, des slogans qui font signes de vie. La résistance commence aujourd’hui, devant toute cette vulgarité et ces hommes qui ne s’accordent plus. Anarchie ! Alléluia ! A Chicago, une mère dans son cercueil attendait ses deux enfants. Ils ne viendront pas si vite. Ils patienteront avec leurs larmes. Et moi, silencieux, qui me souvenais de mon frère que les anges n’ont pas fini de soulever. Les pauvres, ils ne savaient pas… Et ma sœur dont le cœur lâche tandis que je vis à pleins poumons, d’une force dont les autres ne devraient pas m’envier. Monsieur Daniel, un employé modèle ! Et à la fois, si peu, un peu mystérieux, le gaillard, avec son costard de pauvre con, son air de « je sais, je sais » et qui, évidemment, ne sait rien ! c’est exactement ça, la vie, un malentendu, ma main grande ouverte qui soulève mes fils, qui leur apprend les dieux, les dinosaures et le chanson française. La mélodie, l’essentiel… L’essentiel tient dans un baiser ! Et Dieu que cela coûte cher !
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03.01.2008
Bonne année 2008, my friends
Un 31 solitaire, c’est sociologiquement révolutionnaire. Ca fait réfléchir sur les années passées, les amis perdus ou oubliés, ceux avec qui on n’a plus la force de partager quoique ce soit, parce que les déceptions, parce que la vie, parce que plus de mots… Ca me coûte d’articuler, d’inventer des sentiments, de m’imaginer que l’année prochaine, ce sera différent parce que quelques gouttes de vie se seront échappées de mon corps et de mon esprit. Rien de tout ça n’est vrai, bien sûr, tout sera comme avant, le même gâchis, la même déception. Je sais que je suis pas seul à penser comme ça, que c’est juste un hasard malheureux si c’est moi qui écrit, tandis que d’autres se perdent dans les fêtes en redoutant le mal de crâne et l’aspirine du lendemain. J’aime bien d’ailleurs la fête, ça ressemble à l’oubli. Et puis, y’a pas que ça, y’a les rencontres, les filles et les garçons, les parfums qui se mêlent aux sueurs, la civilisation au secours du primitif. Parfois, et il faut bien le reconnaître, c’est pas si triste la vie, c’est juste inutile et trop court, l’insatisfaction permanente… Je partage désormais mes nuits et mes jours avec l’impossibilité de dire ce que je ressens, par peur de blesser ou de me tromper. Les codes sociaux m’écoeurent, sans doute parce que ma jeunesse est derrière et que ma silhouette, grossie par les ans, peine à traverser les portes. Sur le seuil clinquant, j’observe les danseurs, les pas de « un deux trois », les longues robes et les costumes étriqués. La défonce, belle défonce, la merveilleuse blanche, la délicate blanche qui me ramène au temps jadis, sur mon lit d’enfant où durant des heures, j’envoyais une balle contre le mur de ma chambre. Il est si aisé de se perdre dans un semblant de respectabilité. Un sommeil profond n’est que l’aube d’un réveil douloureux. Serais-je en train d’assassiner mon amour ? Que me dicte mon cœur et d’ailleurs, sais-je encore l’écouter ? Faibles battements face au fracas du quotidien.
Mon rôle, mon rôle ! Qui peut donc m’expliquer mon rôle ?
Un guide, un guide ! Qui peut donc me guider ?
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30.11.2007
La triste nuit
Sans âme ni secret, sans trace ni destin, sans amour ni jouissance, sans dieu ni maître. Les bourgeois dans les rues comme des sapins de noël, mes frères… Les pauvres à boire comme de vulgaires outres, mes frères… La nuit, précieuse et chère tandis que les enfants dorment et que les femmes s’enfuient. Où donc ? Plus fort, s’il vous plait, plus fort, je n’entends pas. Ce vacarme familier, cette soif de ne pas se découvrir.
T’as d’jà vu des gueules brisées, des gamins qui n’attendent plus leur maman, des gamins qui savent, oui qui savent… T’as d’jà vu quoi ? Ouais, t’as vu quoi, avec ta bobine de blondin et tes yeux qui se cachent derrière cette mèche si peu rebelle ? T’as d’jà vu le fils sans sein maternel, l’enfant perdu dont le regard n’accroche plus que les souffrances, l’enfant qui vit… La vraie vie… L’enfant qui n’attend que tes bras et toi, qui ne les donne pas, qui les réserve pour les tiens. Ton petit amour, dans cette p’tite maison, dans ce p’tit pays où les rêves s’achètent si facilement. Moi, je sais plus, je sais son amour, cette joie, cette peine, ce mensonge que chaque jour il ressert pour les plus chanceux. Et combien de temps tu tiens ? Tu sais, toi ? Tu sais combien de temps il est possible de tenir avec dans le ventre le vide d’une mère alcoolique, d’un père violent, d’un frère mort, d’une mère folle, d’un père absent, d’une mère morte, de la valse de tous les démunis, de tous ceux qui ne savent rien, rien si ce n’est la vie, la vraie vie… Dehors, je connais dehors… Trop ! Il y a la fête de n’être qu’un homme et c’est déjà si beau. Je crache, je crache mais je suis là !
Ouais, tu lui as d’jà parlé à ce gamin ? L’as quoi de différent, de magnétique de si… représentatif… Moi je crois savoir alors je me tais. Je peux pas le prendre dans mes bras et l’embrasser. Pédophile ! Je peux pas lui dire que je suis désolé. Cynique ! Je peux rien que l’observer en silence et pourtant, lui, il sait que je l’aime bien, que vraiment je f’rais tout, c'est-à-dire jamais rien. Tant pis pour nous, il repart seul dans sa famille d’accueil, sa nouvelle mère l’embrasse. Ils sont beaux les nouveaux amants, beaux à croire en Dieu.
Et moi, pour seule cathédrale, je n’ai que le regret.
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20.11.2007
V I S I O N . . . (suite à une conversation dominicale arrosée)
Sur cette peau, sous sa peau, le soleil…
Qui n’est pas attiré par le soleil après toutes ces années de pluie ? Les gouttes d’eau, le long des gouttières. Qui suis-je, si ce n’est le vent ? Alors partons, oui partons, vers ces pays qui nous font peur et que nous détestons tant. Evidemment, je ne pars pas, voyageur attardé sur le quai et qui voit les paquebots s’envoler vers les Etats-Unis d’Amérique. Le long de cette plage grise, le souffle de la mer est triste. Et mon pas fatigué, suivi par cette vieille mouette criarde, ressemble tant à mon enfance que les larmes ne tardent pas à venir. Mes copines, mes compagnes, ma tristesse. Alors cette peau jeune, si jeune à en mourir, comment ne pouvait-elle pas venir s’écraser contre ma bouche gourmande ? C’est mal, si mal que je recommence jusqu’à l’indigestion, pour me sentir vivre, parce que je ne suis pas encore crevé. Tous ces cris qui se perdent, qui ne servent à rien, qui ne me ressemblent pas. Comment expliquer la différence ? Comment rejeter ce corps qui répond joyeusement, qui vagabonde et picore au lieu de se poser ? Je n’ai jamais eu la force de lutter contre mes envies, poitrine dure qui pointe vers mon enfer. Ce n’est pas le regard des autres qui me pèse le plus, c’est son visage à elle, après la jouissance, lorsque l’excitation retombe et que je ne vois plus que mon ventre rebondi, que mes rides précoces et que ma lassitude désespérante. Je ne la regarde plus, j’ai trop honte de ce que je suis devenu. Elle me console, me câline, prononce des mots qui ne m’appartiennent pas. Elle ne joue même pas. A son âge, on ne sait pas. D’ailleurs, elle croit sincèrement à son mensonge et moi, je me tais. Mais mon silence coupable ne m’empêche pas de me dire cent fois par jour : « l’amour, je ne le connais que par le mensonge. L’amour c’est faux, ça n’existe pas. Ou alors quelques miettes pour les chiens que nous sommes. »
Oui, regardez-moi, jugez-moi, vous qui prétendez aimer mais qui ne connaissez plus le frisson d’une main, le premier regard, la soif inépuisable de retrouver l’autre. Oui, emportez-moi dans votre tourbillon de haine, peu m'importe car tandis que vous bavez en spectateur honteux, moi je suis ébloui par un soleil matinal, par cette pâleur estivale qui préfigure de profondes chaleurs. Demain, je suis mort mais aujourd’hui, je suis un roi comblé, nu jusqu’à l’obscénité.
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14.09.2007
Aliforni
Où est le pourpre ? Et le clair et le sombre ? Et cette voix qui ne se décide pas ?
Ce cerf-volant est si haut, petite ficelle qui ne se casse pas.
Cette musique du dedans qui sifflote en attendant son retour, ce prince qui jadis se fit pauvre pour ne pas mourir.
Il n’est pas toujours bon de voir, parfois le murmure aveugle est préférable.
Alors on marche, on se fatigue et puis sur une pierre, le sommeil vous surprend au bruit d’un ruisseau clair.
Personne ne vous attend, et surtout pas le temps.
Hier, la fin de l’été, les filles qui se déhanchent tandis que l’argent file.
Tendre fumée qui m’envahit.
Là-bas, au son froid des touristes, les tours basses se souviennent de la gloire des guerriers. Des morts et des folies colorent ces remparts antiques.
Où est le velours ? Et la lune et le soleil ? Et cette voix qui à force de se taire n’en finit pas de résonner ?
Petit cerf-volant qui s’éloigne vers les étoiles, il est si tentant de le suivre.
Cet ennemi intime qui sait son heure proche, ce sentiment permanent de ne pas être à sa juste place.
Il ne suffit pas de se couvrir les yeux, il faut tuer toute pensée.
Alors on divague, on déambule et puis, un bar finit bien par vous recueillir.
La solitude, quelle joie et quelle tristesse.
Demain, le début de l’hiver, les filles qui se couvrent et le désir qui se cache.
Douce ivresse qui me berce.
Là-bas, la neige recouvre à mi-mots les monts Sybillins, la maison vide patiente mais d’ici peu, les rires à nouveau la couvriront d’éloges.
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03.09.2007
fugitivement
O vie immobile, tristes jours
Sous les tuiles rouges, s’endort l’amour
Après les danses et les fêtes
Chacun oublie la belle bête
Qui de ses griffes douces et amies
Nous abreuvait du sang ennemi
Quel est donc cet ennui sans âge ?
Ce poison bleu qui rend si sage ?
Au fond du lac, une femme s’envole
Adieu adieu très cher alcool
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13.04.2007
Les villes honnêtes
Avec leur chapeau pointu, ils nous mentent. Les villes honnêtes n’existent pas. Derrière les volets, dans les rues vides et pures, se calfeutrent et prospèrent les vices anciens. Ils font l’homme, au même titre que les pieuses bontés ou que les prières chrétiennes. A quoi bon le nier ? Infâme propreté de puissants qui se baignent de péchés tout en proclamant une bien étrange perfection. Mon corps entier rejette ce pacte de mécréants et la luxure enroule sur mon sexe ses bras doux et directs, sa chaleur libératrice. Ils peuvent sermonner, paroles en l’air qui se promènent au gré des vents. Ils peuvent emprisonner, murs griffonnés de poésies libertaires. Ils ne sont rien, tout comme moi, ces tristes architectes de la Morale divine alors entrons, frères et soeurs, dans cette belle cathédrale qu’est l’Anarchie.
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27.01.2007
Cicatrices
Le couteau si triste qu’il ne s’est pas levé, cloué au cœur par trop de malheurs et d’années effacées. Il est des blessures qui retiennent le sang, des blessures conservées comme de précieux diamants. Bien sûr, le silence s’impose devant les cris du dedans. Question de décence et désolé pour le dérangement. Mais aux jours humides, la lame se réveille avec ses pelletées de souvenirs et sa cohorte de renoncements. Il n’est pas trop tard pour prier, Dieu n’est que patience. Imprégnés des fantômes aimés, ressurgissent parfois les sourires d’antan, les fêtes passées. Une peau, une odeur, un ventre et cette certitude d’être habité par un autre que soi. L’âme n’est qu’une maison de passage, un prêt bien cher payé. L’attente se fait face contre terre, à jamais replié dans cette maudite impuissance. Les morts, décidément, donnent à la vie ses lettres de noblesse...
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11.01.2007
Sans titre
Le temps existe, n’est-ce pas ? Celui qui s’accélère, celui qui ralentit au gré de nos petits événements. La tête pleine d’échos et de rêves, de longs couloirs blancs et de tapis volants. Je n’existe pas, ni mon corps ni mon âme. Mais alors, quels sont ces doux frissons qui me gardent éveillé ? Une ruelle squelettique s’enfonce dans mon passé. « Qui va là ? » Surtout se taire et fuir devant cet escalier sombre où la nuit s’ouvre comme un venin mortel. Un mot, un seul et le sort en est jeté, avalé comme une bouchée de viande tendre. Tic Tac, tic tac, le temps existe, n’est pas ? Celui qui roule des mécaniques et celui, plus discret, qui me conduit à la tombe. La même règle, le même destin, la même fin. Ces étranges sauts d’humeur qui un jour me voient vieillard et le lendemain enfant. Sans parler de ce clochard qui jadis s’endormait pour une cuisse blonde sous les porches des bienveillants. A ses pieds, une mare d’incertitudes le noyait lentement et oui décidément, rien ne change, ni les vents, ni les silences, ni ce désir de s’effacer discrètement. Le temps existe, n’est-ce pas ? Et pourtant…
Et pourtant d’un seul geste, l’esclave en devient maître.
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04.01.2007
L'année de tous les dangers
Comme toujours, ne pas se sentir à sa place, pris entre deux feux envahissants, entre deux routes illusoires. Au bout, la mort puis le silence. Un corps de femme recouvre mes angoisses, cela soulage un temps mais le noir l’emporte avec ces bruits étranges, ces pas du dessus. Sursauts et sueurs dans les draps de l’amour. La folie attend son heure, elle est patiente et sournoise, habile et implacable. Elle sait qu’à sa suite, je deviendrai un serviteur fidèle. Personne n’est à blâmer, il en est juste ainsi. Le monde se désagrège comme une poignée de sable fin. Au loin Venise et ma jeunesse, le Redentore et les moines capucins. Il n’y a rien de plus terrible que de renier ses rêves. O mon sommeil de plomb, mon ami et mon Dieu, entraîne-moi vers les rives de l’inaccessible et nous verrons bien qui, du fantôme ou de l’homme, remportera le fragile combat.
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08.12.2006
Nos enfants
Où vont ses enfants ?
Seuls et maladroits, perdus dans leur sexualité naissante, ils militent pour une liberté impossible et dans leur dressage aveugle, je ne retrouve que l’amertume des exclus de demain. Où sont leurs rêves dans leurs drames quotidiens ? Où sont les flammes de l’espoir dans les cendres de leurs échecs ? Ils attendent les sanctions comme d’autres les félicitations, ils brûlent de leur impatience ces bancs qui ne savent plus les aimer, ils pleurent dedans et rient devant. Ils s’entraînent dans des valses malsaines où la mort les attend au tournant. Un jour, l’une ou l’autre se pendra, pris de cette affreuse tristesse qu’est la conscience de soi.
Ils sont vos enfants, nos enfants, violents comme la tempête qui sommeille, beaux comme les orages à venir.
Et d’un éclair, il nous rappelle que lorsque la foudre frappe, il vaut mieux se mettre aux abris.
Nous sommes vieux à en pleurer...
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17.11.2006
Oups
Ces âmes mortes qui ne savent plus regarder
M’ont envahi un soir de grande lâcheté
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17.10.2006
Fredo
Sur ses gros bras de bagarreur
Il est tatoué comme un camion
Son seul salut, c’est la baston
Le samedi soir après l’labeur
Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il pleure maman et p’is l’frérot
Partis trop tôt au firmament
Putain de bicot qui va vous dire
Vingt ans au Front, c’est du sérieux
C’est pas le bourgeois, le miséreux
Mais ben l’pauvre gus que l’on vire
Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il flingue sa vie à coups d’marteaux
Assaisonnée aux petits blancs
On casse du flic comme un miroir
Dans les tourelles de la cité
Alors on s’meurt, on s’laisse aller
Une vie au SMIC, c’est pas d'espoir
Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il veut la paix des bons gogos
Et une retraite immédiatement
Le dos cassé, le ventre plein
Il roule ses sèches en maudissant
Cet enculé d’gouvernement
Qui l’ratiboise à taux malsain
Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il rêve du beau et p’is du chaud
Sur sa mob rouge et à deux temps
Maintenant qu’il porte des lunettes
Pour consulter sa p’tite gazette
Voilà les jeunes qui se la pètent
Sans dégotter une bonne perpette
Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il sue la honte et c’en est trop
Il quitte la vie sans enterrement
Son corps qui flotte est ramassé
Par des bouseux nécessiteux
Lui rasent le crâne au malheureux
Pour quelques pièces mal gagnées
Mais le Fredo a une nana
Qui se souvient de ses gros bras
Et qui devant un bon cur’ton
Brûle des cierges à ce pauvre con
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16.10.2006
A ...
Cent fois je suis mort,
Cent une fois je renais
Dans ce mensonge, dans cette beauté
Dans cette femme pure que je n’ai pas rencontré
Rien n’est beau si ce n’est le silence de l’amitié
M’aimes-tu ?
Evidemment non
Ton indifférence, ta lassitude
Rien n’évoque l’amour si ce n’est l’habitude
Et moi qui ne suis qu’un enfant
C’est sûr, pas de Dieu ni de ma mère
Un enfant perdu, libre et fou
Jeune et vieux, un homme peut-être
Quelqu’un qui combat, c’est rare
Quelqu’un qui n’accepte pas
Et surtout pas cela
Le cœur à vif, bien à vif
Un type de peu de talent
Mais qui parle quand même
ET QUI CRIE
POURQUOI NE M’AIMES-TU PAS ?
Ma belle,
Parce que tu es vieille, si vieille que je ne te vois plus…
21:20 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Où donc se cachent mes émotions ?
Où donc se cachent mes émotions ?
Il y a ces bistrots qui me sont interdits où les durs boivent à leur perte en regardant la pluie et les années défiler.
Il y a ces deux fils qui ne vont pas cesser de grandir et qui, un jour, me laisseront sur le bord de la route en se racontant leur histoire.
Tant de déceptions et d’amertume dans ce temps passé, tant de larmes à venir dans ce paysage rougissant.
Où donc se cachent mes émotions ?
Il y a ces belles femmes aux corps vieillis, aux mots cruels et qui ne me pardonneront jamais les étreintes impossibles, les mensonges silencieux.
Il y a ce frère adoré dont l’absence éternelle appelle constamment des gestes absolus et des prières solennelles.
Tant de tristesse pour si peu de joie, tant de souffrance pour si peu de répit.
Où donc se cachent mes émotions ?
Il y a ces soirs infernaux où la nuit, déguisée en grande putain désespérée, me somme de m’enfoncer en elle pour quelques pièces argentées.
Il y a ces amis si lointains qui ne savent plus pourquoi nous nous sommes tant aimés et tant détestés, cette distance fatale qui tue l’idéal.
Rien n’a d’importance dans mon cœur rance.
Où donc se cachent mes émotions ?
Dans les vœux d’une mère, des paroles chuchotées qui n’engagent personne, ni le roi ni la reine sous les rires d’une cour fatiguée.
Dans les promesses d’un père qui ne se connaît plus et qui rêve d’ailleurs sans savoir qu’il le touche
Douces étoiles disparues sous les ombres maléfiques.
Où donc se cachent mes émotions ?
Auprès d’une blonde ou d’une brune cajoleuse, sous les feux de la rampe, à New York ou Paris, en rotant une bière infinie, en trichant sur la vie.
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05.10.2006
Conseil de minuit
Ce sont nos sentiments honteux que nous devrions aimer au lieu de les assassiner.
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11.07.2006
Le retour de la bête
La mort, cette vieille amie, n’est pas là. Et pourtant. Comme un songe, à toujours. Celui qui écrit, celui qui vit… Ce n’est pas un combat, une évidence. Les phrases courtes, quelle ironie pour décrire cette chose qui dure, cette volonté de transcrire, de ne pas abandonner face à l’absurdité, tout en acceptant.
Un sentiment… Un noble sentiment…
Il y a longtemps, sous le soleil méditerranéen, j’accueillais une fille garçon à la longue cicatrice qui n’avait pas vécu, tout comme son hôte. Nous étions une escorte indigne, inexpérimentée, emplie du souffle de la vie. Le premier envol n’est pas celui du cynisme. Les arbres défilaient sous la folle agitation des vitres, une voiture pour un rendez-vous programmé. Une femme manque à l’appel. Ses yeux tuaient. Je n’ai guère de souvenirs, ils sont trop nombreux et puis, aujourd’hui, seul compte le bonheur. Je n’ai rien à expliquer, personne ne le fait. L’honnêteté des dupes, antique soupe rance pour les Machiavels de la petite heure. Le style, la musique, tout dépend. De quoi parlons-nous ? Ce faible pour l’hermétisme, je ne l’ai jamais renié. Tout comme la splendeur inattendue de renaître chaque jour.
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02.06.2006
Concours
Je ne suis doué que pour l'échec...
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14.03.2006
Clin d'oeil à ELB
Paris Paris
Si belle et si mondaine
Tes bistrots d’autrefois et ces passants qui s’y arrêtent
Sans moi
Paris Paris
Si cruelle et si lointaine
L’argent comme roi et tous ces pauvres que tu rejettes
Sans moi
Paris Paris
Parfois nouvelle dans ta vieille rengaine
Tes professions de foi et tes ruelles comme des comètes
Sans moi
Paris Paris
Si femelle dans ta longue traîne
Toits et cheminées qui dansent et se répètent
Sans moi
Paris Paris
Irréelle et si vaine
Un cri, une voix et des hommes qui s’en inquiètent
Sans moi
Paris Paris
Odieuse maquerelle pleine de haine
Qui boit et puis qui jette
Sans toi je ne serai jamais moi
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06.03.2006
Je ne le savais pas
Triste silence, monsieur, que celui des traîtres
Quand on a vu le diable, il faut le reconnaître
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15.02.2006
Fils et filles de Dieu
Est-il fils de Dieu, ce meurtrier, cet oublié, qui hurle dans sa cellule ses regrets éternels ? Il n’est pas le seul à tuer son passé, à cracher ses erreurs qui sonnent comme des terreurs.
Est-elle fille de Dieu, cette folle à lier, cette désaxée, qui pleure dans son cachot son bébé étouffé ? Elle n’est pas la seule à mourir du malheur, à museler ses pulsions qui carillonnent comme le démon.
Sommes-nous fils et filles de Dieu, nous les innocents et les coupables, qui errons solitaires dans la foule anonyme ? Perdus dans la forêt de l’ignorance, nous prions aux messes du dimanche en espérant une voix silencieuse à jamais.
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05.02.2006
Hum Hum II
Ma présence disloquée s’acharne à reconstruire le fouillis de ma conscience. Chaque pièce du puzzle est une énigme, un souvenir déguisé. Une chapelle improvisée accueille un corps familier, sans doute fraternel. Au loin, une mariée attend un bouquet à la main, sa joie décore la banlieue froide et glace sa beauté surannée. Un enfant pleure, c’est un fils. Il n’y a pas de fierté sans victoires à conquérir. Un jour partir, je ne sais où mais partir pour effacer la déception d’une vie bradée. Gagner du temps ne tue malheureusement pas les regrets alors rester, je ne sais pas pourquoi mais rester, peut-être pour retrouver un fragment de beauté dans ce cauchemar de banalité.
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01.02.2006
Hum Hum
Mes sombres habitudes me plongent dans un ennui mortel, le sommeil pour ennemi, la paresse contre l’envie. Sentons-nous encore nos cœurs, nous les grands fantômes, tristes meurtriers de l’imaginaire ? Je suis l’absent et la colère, un poème inachevé. Et parfois l’amour, ce mensonge à trois pattes…
Sur le livre de mes sentiments déchirés, je me jure fidélité. Craquelures et blessures défigurent mon quotidien, sans oublier cette laideur qui s’accumule telle une moisissure nuageuse. Où se dissimule donc mon honnêteté ? Je me suis trop souvent enfermé dans des cachots humides où régnaient de fausses libertés. Au-delà de la lucarne de la réalité, l’univers nous attend alors qu’attendons-nous ?
Tout prisonnier finit par aimer sa geôle et manger dans la main de ses gardiens zélés.
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Suite

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Liberté d'expression
Ne reculons jamais devant "Les fous de Dieu" !
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26.01.2006
Blues, le retour ?
Personne ne m’appris à voler, ni les anges ni les hommes et encore moins ma mère. Tard la nuit, lorsque mon âme impatiente rejoint le cimetière, je prie devant les tombes alignées pour que quelqu’un soit là le jour de mon départ, un ami sincère dont le silence soit aussi une fête. Je veux garder en mémoire les sourires inutiles et les tournées des grands soirs, les plaisirs futiles et les embrassades de foire, tous ces instants précieux où je me suis senti vivre. Ils ne sont pas si rares, n’est-ce pas, ces instants là et même si personne ne m’a appris à voler, ceux que j’aime savent que depuis longtemps déjà, des ailes m’ont entraîné vers les cieux pourpres de la joie.
Je les attends et les attendrai dans le temps infini, sur ces nuages tendres qui glissent au gré des vents.
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25.01.2006
Blues
Il y a du bleu dans mon sang, des femmes inavouées et des flammes éteintes, des voyages que je ne ferai pas et des bars qui sont devenus mon chez moi. Il y a de la tristesse dans mon sang, des frères partis et des sœurs meurtries, des guerres que je ne mènerai plus et des paix qui ne m’intéressent pas. Il y a de l’amour dans mon sang, des fils présents et des filles à venir, des étoiles qui brillent et des lunes qui bercent. Il y a de la mort dans mon sang, des amis envolés et des passions consumées, des au revoirs qui se sont transformés en adieux et des bonjours qui ne se prononceront jamais. Il y a des regrets dans mon sang, des silences honteux et des paroles misérables, des blessures que je ne pourrai guérir et des conquêtes qui se sont perdues à jamais.
Personne ne sait où est la fin mais lorsque je la trouverai, je serai soulagé. Même en chanson, le chemin est long alors ce soir, je tends une main à qui veut la prendre et espère qu’un jour, la violence nous quittera pour s’envoler vers d’autres cieux.
Et si le rêve existe, je suis bien décidé à en abuser, quel qu’en soit le prix.
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23.01.2006
Histoire de pots
Avant de découvrir le pot aux roses, il tourna longtemps autour avant de se résoudre à verser un copieux pot de vin.
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19.01.2006
Souplesse
Je n’arrive pas à comprendre comment on arrive à prendre son pied en mettant des mains au panier.
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17.01.2006
La preuve par l'image
Si vous rencontrez un problème délicat, un conseil : ne faîtes pas comme moi. Il vaut mieux tirer la langue plutôt que de s’y casser les dents !

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16.01.2006
Histoire vraie
Hier soir, mon fils de quatre ans enlève sa chaussure et la regarde dans tous les sens. Intrigué, je lui demande des explications. Il me répond qu’il veut trouver ces fourmis qui n’arrêtent pas de le chatouiller !
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13.01.2006
La vie n’est pas simple
Lorsqu’on est fier comme un pou, on prend la mouche pour un oui ou pour un non.
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11.01.2006
Courbettes de journalistes à l’endroit de M. Sarkozy
C’était cousu de fil blanc qu’ils allaient lui dérouler le tapis rouge.
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10.01.2006
La gaffe
Comme je n’étais pas dans mon assiette, j’ai mis les pieds dans le plat et évidemment, je me suis noyé dans un verre d’eau.
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Diplomatie
Votre faculté à arrondir les angles m’en bouche un coin !
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Question de proximité
Pour décrocher la lune, un bon conseil : vivez sur votre petit nuage.
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Le premier concerné
Mon petit doigt m’a dit de ne pas en mettre ma main au feu.
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09.01.2006
Oh ben zut, il en manque une !
J'ai beau être un vrai mouton à cinq pattes, je termine toujours mes soirées à quatre pattes sur le plancher.
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Fin de cycle
Cela me met dans une colère noire d’avoir mangé mon pain blanc.
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07.01.2006
Rencontres amicales
Pour briser la glace, quoi de plus naturel que de rire aux éclats !
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06.01.2006
Résolution 2006
Mesdames, pour la nouvelle année, au lieu de votre mea culpa traditionnel, privilégiez un méat d'une autre nature.
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05.01.2006
Chapeau
Jolie jolie
Sur le parvis
Où s’écoule la pluie
Gouttes d’eau et folies
Qui se noient dans la nuit
S’entremêlent et s’extasient
Sur le doux plaisir de la tromperie
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04.01.2006
Hommage à Pierre Perret
Tout tout tout
Vous saurez tout sur les nénés
Les vrais, les faux
Les laids, les beaux
Les durs, les moux
Qui sont si doux
Les gros laiteux
Les petits juteux
Les grands ridés
Les monts pressés
Tout tout tout tout
Je vous dirai tout sur les nénés
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03.01.2006
Recherchons coupables. Forte récompense à espérer.
J’admets volontiers que notre bonheur ne tient qu’à un fil.
Mais qui donc s’amuse à le couper ?
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02.01.2006
Bons baisers d'Ukraine
Les oranges sanguines ont l'âme révolutionnaire.
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12.12.2005
Allégeance
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima.
Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !
René CHAR
17:55 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.12.2005
C'est pas faux
Les plaisanteries les plus courtes sont souvent les moins longues.
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19.11.2005
Départ en Allemagne
un grand merci à mes lecteurs.
Je serai de retour le 6 décembre.
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18.11.2005
Le voyageur
Il y a des voyages imaginaires
Le long de routes aux horizons fuyants
Qui épuisent et séduisent les vieux errants
Soldats sans armée, capitaines sans mer
Partir un jour sans connaître l’arrivée
S’extraire de sa fragile coquille de peur
Et lentement se vider de l’horreur
Des mensonges répétés, des dés pipés
Il y a des voyages imaginaires
Peuplés de poussières et de vents violents
Qui renient la toute puissance du temps
Et qui épousent la lumière de l’enfer
Revenir par une porte dérobée
En une saison triste et sans chaleur
Dans la maison qui doucement se meurt
Et embrasser le portrait de l’aimée
10:33 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Prise de tête
Il n’y a pas que les marins qui savent se faire des nœuds au cerveau.
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17.11.2005
Prophétie
Je n’aurai jamais l’âge de jouer dans la cour des grands.
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Et oui !
Tourner le dos à une provocation est une excellente solution pour y faire face.
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15.11.2005
Le coucou de nuit
Je suis un vieux coucou de nuit
Qui le soir s’envole au comptoir
Pour s’écraser sur le trottoir
Une aile brisée par son whisky
Je suis un vieux coucou de nuit
Sur qui plane l’ombre du dandy
Et qui s’envoie au paradis
Avec sa vodka martini
Je suis un vieux coucou de nuit
Pour qui minuit sonne comme midi
Et qui joue à brûler sa vie
Tel un shooter parfum kiwi
Je suis un vieux coucou de nuit
En vol piqué vers son mouroir
Toujours partant pour l’abattoir
Et qui s’est tué à l’eau de vie
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Confiance en soi
Ne pas reconnaître ses succès est une erreur majeure.
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14.11.2005
Guerres
Nos lendemains qui chantent ressemblent à de la musique militaire au pied d’un monument aux morts.
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13.11.2005
Tenue de soirée
Mesdames, vous n’êtes pas obligées de porter des talons pour vous croire à la hauteur de la situation.
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09.11.2005
Genèse de la révolte
C’est parce que le riche reste de marbre, que le pauvre lui lance la première pierre.
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Déception
Les maîtres sont malheureusement incapables de mesurer quoique ce soit.
09:56 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Vie pratique
Les chèques en bois ne sont pas faciles à glisser dans une poche.
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S’acheter une conduite
Gagner son paradis ? Mais c’est un véritable enfer !
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08.11.2005
Compassion
A force de ne dormir que d’un œil, les borgnes sont extenués.
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Conseil aux politiciens
Regarder de haut un événement est un obstacle majeur pour faire le tour de la question.
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Gymnastique auditive
Tenter de dormir sur ses deux oreilles est la garantie d'une nuit blanche.
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T'es sûr que tout va bien ?
En ce moment, j’ai envie d’être infidèle à ma réputation en renouant avec la fidélité.
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04.11.2005
Cas de conscience
Si avorter est un crime que dire alors d’une bonne branlette ?
18:38 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
De l'essence sacré
La vie peut basculer sur une simple éjaculation. Cela donne une idée de la puissance créatrice de l'homme.
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03.11.2005
Se mettre la pression
Si par malheur mon fils ne réussissait pas dans la vie, son éducation et son héritage génétique en seraient directement responsables.
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02.11.2005
Lecture Proustienne
Pour tuer le temps, je l’ai recherché. Il paraît qu’il s’était perdu…
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De l’art de la fuite
Prendre ses jambes à son cou est un véritable casse-tête.
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Prédestination
Je connais une petite Léna née sous X. Les parents sont capables de n'importe quoi pour pousser leurs enfants à faire une grande école !
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29.10.2005
Eloge
Même en dessous, les femmes sont au dessus.
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26.10.2005
Question d'époque
Chez les pères, il est à la mode de développer son instinct maternel.
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25.10.2005
Naïveté d'autrui
J'ai beau avoir le diable au corps, certains me donnent encore le bon dieu sans confession.
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24.10.2005
Revanche du loser
Tout bien considéré, la réussite n’est qu’un jeu solitaire qui se pratique beaucoup dans les maisons de retraite.
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Question de point de vue
Si l’on part du principe qu’enculer est une chose agréable, pourquoi ne pas admettre que se faire enculer l’est tout autant ?
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Espoir
Il vaut mieux être joyeusement inconnu que tristement célèbre.
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23.10.2005
Tournicoti Tournicota
J’ai perdu la tête à force de tourner en rond.
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Lucidité filiale
Si vous croyez que se perdre n’a aucune conséquence durable, parlez-en donc aux jupons de ma mère.
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21.10.2005
Exception à la règle
Forcément ils ont parlé, avec des mots sales sur des sentiments qu’ils ne leur appartenaient pas. Les badauds de dix-sept heures viennent chercher leur enfant à la sortie des classes. Les voitures se rangent en double file mais s’agressent poliment parce que madame est peut-être au conseil de l’école. Elle sont jolies, les « madame », avec leurs boucles en or et leurs sourires qui ne sont plus pour moi. Le ciel ne s’est pas encore abattu sur eux et tant mieux. Qui souhaiterait le malheur des autres ? Les villes se ressemblent, avec des vies et des secrets derrière chaque immeuble, des drames qui se nouent la nuit et demeurent invisibles au grand jour perçant. La neige a enseveli mon cœur, une nuit de novembre, peu après que la kermesse de Toussaint eut rempli les cimetières comme des stades, les soirs de grand match. Ces pèlerinages deviennent trop rapidement nos familiers, nous devrions nous en méfier. Elle n’est pas saine, cette acceptation de la mort. Jamais. La fête peut donc commencer avec notre vieille manie chinoise d’utiliser la poudre pour colorer les cieux étoilés. Je ne suis plus qu’un fantôme, une ombre en errance et je reçois désormais le réconfort comme une phrase lancée en l’air par ceux qui n’ont pas souffert. Mes épaules se courbent du poids des forçats qui eux, au moins, ont ce mince espoir de s’échapper du bagne. J’en ai connu un qui répétait à qui voulait l’entendre que jamais il ne retournerait là-bas, il préférait la mort. Quel farceur ! Le jour où il a replongé, il n’avait pas préparé sa dent creuse à l’arsenic pour s’effondrer dans le panier à salades. Il était encore plein des larmes de la vie.
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20.10.2005
Retour de cuite
L'amitié n'est pas un sentiment, c'est une survie.
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19.10.2005
Résolution ardue
Comment prendre un problème par le bon bout lo



