21.11.2008

Conseil pour R.....

"Tout ce que j'aimais" de Siri Hustvedt

hopper.jpgComme quoi, être "femme de" n'a aucun lien sur le talent...

04.05.2006

L'homme ralenti de J.M. COETZEE

Nous avons des enfants pour apprendre à aimer et à servir. Par le truchement de nos enfants nous devenons les serviteurs du temps.

06.01.2006

Dondog d'Antoine VOLODINE

- Extrait -

Dondog nageait à contre-courant de tout avec sa bouée de vérité. Il était de plus en plus fatigué, de plus en plus dégoûté et abattu. Et ensuite, il comprit qu'il était fichu, aux mains de forces qui se moquaient de la vérité, qui ne se souciaient pas une seconde de la vérité, et qui désiraient extraire de lui des aveux et pas autre chose. Il n'y a pas d'âge pour faire mourir la vérité, il n'y a pas d'âge pour sauver sa peau dans le déshonneur et le mensonge, il y a un moment dans la vie où il faut confondre en soi la brûlure du mensonge et la brûlure de la vérité, et à entretenir cette brûlure pour les cinquante ou soixante ans de désastre que l'on peut prévoir devant soi encore.  

10.10.2005

Un singe en hiver d'Antoine BLONDIN

A lire et relire...

04.10.2005

Je m'en vais de Jean ECHENOZ

- Extrait -

La Nechilik, on l'aperçut un beau matin d'assez loin, petite masse effilée couleur de rouille et de suie posée sur une banquise ponctuée d'affleurements rocheux, vieux jouet cassé sur un drap en loques. Elle semblait en effet coincée dans les glaces au pied d'une éminence erodée, partiellement enneigée mais dont un flanc se brisait en succession de brèves falaises nues. A cette distance, l'épave ne paraissait pas trop mal conservée : maintenus par des haubans restés sous tension, ses deux petits mâts intacts se dressaient patiemment, et le poste de pilotage à l'arrière du bâtiment semblait encore assez solides pour abriter des squelettes grelottants.

29.09.2005

Daewoo de François BON

Ecriture et militantisme font parfois bon ménage.

26.09.2005

Le bel échange de Claudine GALEA

- Extrait -

On voit sa peau, on voit ses os, on voit ce qui est derrière et dessous et dedans. On se voit vieille. On se voit reine. On voit ses cuisses molles, son ventre flasque. On voit sa peau ferme. On voit ses seins pendants. On voit ses seins d'enfants.

On voit la chair, on voit qu'on est la chair. On voit qu'on est la chair à prendre. On voit qu'on est belle à baiser. On voit sa mort.

24.09.2005

L'âge de fer de J.M. COETZEE

Bon Dieu, le génie existe !

- Extrait -

Bien qu'elle soit venue en intruse, bien qu'elle m'inspire du dégoût, j'ai envisagé cette idée sans regimber. Lui et moi serrés poitrine contre poitrine, les yeux fermés, longeant ensemble la vieille route. Insolites compagnons ! Comme de voyager dans un autobus en Sicile, serrée contre un inconnu, visage contre visage, corps contre corps. C'est peut-être à cela que ressemblera l'au-delà : non pas à un hall d'hôtel avec des fauteuils et de la musique, mais un grand autobus bondé cheminant de nulle part à nulle part. Que des places debout : sur pied pour toujours, pressée contre des inconnus. Une atmosphère épaisse, aigre, pleine de soupirs et de murmures : pardon, pardon. Promiscuité. Pour toujours sous le regard des autres. Fin de la vie privée.

22.09.2005

Vies minuscules de Pierre MICHON

Le style qui décoiffe !

- Extrait -

Il a caressé des petits serpents très doux; il parlait toujours. Le mégot brûlait son doigt; il a pris sa dernière bouffée. Le premier soleil l'a frappé, il a chancelé, s'est retenu à des robes fauves, des poignées de menthe; il s'est souvenu de chairs de femmes, de regards d'enfants, du délire des innocents: tout cela parlait dans le chant des oiseaux; il est tombé à genoux dans la bouleversante signifiance du Verbe universel. Il a relevé la tête, a remercié Quelqu'un, tout a pris sens, il est retombé mort.

20.09.2005

Sang impur de Hugo HAMILTON

Grand roman autobiographique d'un auteur irlandais très touchant.

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