13.04.2007
Les villes honnêtes
Avec leur chapeau pointu, ils nous mentent. Les villes honnêtes n’existent pas. Derrière les volets, dans les rues vides et pures, se calfeutrent et prospèrent les vices anciens. Ils font l’homme, au même titre que les pieuses bontés ou que les prières chrétiennes. A quoi bon le nier ? Infâme propreté de puissants qui se baignent de péchés tout en proclamant une bien étrange perfection. Mon corps entier rejette ce pacte de mécréants et la luxure enroule sur mon sexe ses bras doux et directs, sa chaleur libératrice. Ils peuvent sermonner, paroles en l’air qui se promènent au gré des vents. Ils peuvent emprisonner, murs griffonnés de poésies libertaires. Ils ne sont rien, tout comme moi, ces tristes architectes de la Morale divine alors entrons, frères et soeurs, dans cette belle cathédrale qu’est l’Anarchie.
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20.02.2007
SM, mon amour...
A genoux, mortelle, devant ton roi nazifié et cette main méchante qui s’invite dans ta chair exposée. La tentation du pire… Dans mon cœur neuf, le spectacle fait sens. Dominer sans jouer, pour blesser et tuer. Cette femme obscure se nourrit de ton plein désir et sous tes coups experts, elle crie ton malheur d’exister. Cette voix si grise ne se taira plus et l’ogre déchaîné dévore à belles dents tes romances passées, ton innocence sacrée. Pauvre enfant en déroute, sans contrôle ni sentiment, si loin des câlins de sa petite maman… Pistolet sur la tempe, tu déambules au long cours au milieu de monstres devenus familiers. Tu prends et tu frappes en attendant ce clic qui ne vient toujours pas. Ta déesse, sous cape, se délecte de cette torture inversée et sous les zébrures du fouet, lentement se dessine une damnation méritée. Je n’attends aucun pardon car je marche désormais avec le souvenir de mon plaisir satanique.
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27.01.2007
Cicatrices
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11.01.2007
Sans titre
Le temps existe, n’est-ce pas ? Celui qui s’accélère, celui qui ralentit au gré de nos petits événements. La tête pleine d’échos et de rêves, de longs couloirs blancs et de tapis volants. Je n’existe pas, ni mon corps ni mon âme. Mais alors, quels sont ces doux frissons qui me gardent éveillé ? Une ruelle squelettique s’enfonce dans mon passé. « Qui va là ? » Surtout se taire et fuir devant cet escalier sombre où la nuit s’ouvre comme un venin mortel. Un mot, un seul et le sort en est jeté, avalé comme une bouchée de viande tendre. Tic Tac, tic tac, le temps existe, n’est pas ? Celui qui roule des mécaniques et celui, plus discret, qui me conduit à la tombe. La même règle, le même destin, la même fin. Ces étranges sauts d’humeur qui un jour me voient vieillard et le lendemain enfant. Sans parler de ce clochard qui jadis s’endormait pour une cuisse blonde sous les porches des bienveillants. A ses pieds, une mare d’incertitudes le noyait lentement et oui décidément, rien ne change, ni les vents, ni les silences, ni ce désir de s’effacer discrètement. Le temps existe, n’est-ce pas ? Et pourtant…
Et pourtant d’un seul geste, l’esclave en devient maître.
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04.01.2007
L'année de tous les dangers
Comme toujours, ne pas se sentir à sa place, pris entre deux feux envahissants, entre deux routes illusoires. Au bout, la mort puis le silence. Un corps de femme recouvre mes angoisses, cela soulage un temps mais le noir l’emporte avec ces bruits étranges, ces pas du dessus. Sursauts et sueurs dans les draps de l’amour. La folie attend son heure, elle est patiente et sournoise, habile et implacable. Elle sait qu’à sa suite, je deviendrai un serviteur fidèle. Personne n’est à blâmer, il en est juste ainsi. Le monde se désagrège comme une poignée de sable fin. Au loin Venise et ma jeunesse, le Redentore et les moines capucins. Il n’y a rien de plus terrible que de renier ses rêves. O mon sommeil de plomb, mon ami et mon Dieu, entraîne-moi vers les rives de l’inaccessible et nous verrons bien qui, du fantôme ou de l’homme, remportera le fragile combat.
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