01.03.2009

Madame R.

Madame R., seule depuis peu, alanguie sur son canapé rougi par des feux antiques, médite sur ses chevilles tatouées au bic tout en sirotant un cocktail au kiwi. La nuque au creux d’un coussin de velours bleu, une paille aux lèvres, Madame R. savoure le silence précieux des vides éphémères. Dehors, le jour s’étire en complice malicieux, brins de lumière sur la chevelure guerrière, été fougueux et désirable, instants volés et délicieux…

 

Au beau milieu des jouets endormis et des nids de poussière, Madame R. se repose des turpitudes d’être mère et une ivresse imprévue la berce de son chant alléchant. Son corps épuisé se laisse caresser par une sainte paresse tandis que le Malin s’invite dans l’une de ses mains.  Célébrant son plaisir d'un sourire étonné,  Madame R. soupire, s'étire et expire.

 

Il est vraiment doux de se noyer dans un univers familier...

 

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