22.11.2008
Hommage à Marie Chouinard...
Le gris coton du ciel se débobine comme une pelote de laine, les dernières pluies s’abattent au son des cuivres grinçants, des tonnerres rugissants, et je fuis…
Les arbres se plient, se tordent et grimacent en martyrs, les fleurs pelotonnées dans leur tige jettent un pétale sur la rivière en crue, et je crie…
La forêt dégouline telle une encre bleutée, la clairière sombre agite ses herbes folles, les insectes se noient dans le torrent d’une goutte d’eau, et je prie…
Un cerf, au loin, en vieux sage chinois, immobilise ses bois et brûle ses yeux d’une colère archaïque, le vent balaye la nature de ses ordres impétueux, et je faiblis…
Les mariages s’organisent, les pollens virevoltent et fertilisent, lorsque soudain, un silence inquiet embrasse cette mer verte rongée par les longs mois de froid, et je m’assoupis…
Un papillon argenté, au cœur du rêve, se pose alors sur mon front brûlant, et il attend… Il est mon fils, mon père, mon maître et ami, et d’une aile, je le saisis…
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