23.10.2008

Cela faisait longtemps . . .

Si las et si alcoolique que la misère n’est plus mienne mais universelle, et tandis que sur le canapé du salon, le chat dort en priant pour que sa mort ne soit pas trop violente, des violettes fanées volètent dans les champs de coquelicots.

Les attaques et les coups, les amours d’hier, les corps oubliés, ces femmes qui d’un sourire m’offrent la vie…

 

La Vierge noire, squelettique et morbide, silhouette spectrale enroulée dans un lin poussiéreux et le fils, tendre et énigmatique, hébété et voulant survivre dans le sable suffocant. Les lions hurlent dans la savane, derniers rois avant le déluge, ultime royauté dans l’anarchie volontaire.

 

Si las et si alcoolique, que le réconfort ne vient plus que de l’abrutissement, que le cerveau malade n’arrive plus à fixer ni les idées, ni les émotions, ni les sentiments. Ours solitaire et brave, dément et ermite, libertaire et grand masturbateur, j’erre dans les couloirs de la ville en observant les voitures rouler comme des oiseaux. Le bruit de la terre est assourdi par les cheminées montagneuses, un bébé au loin au sein de sa mère crie sa joie et pendant ce temps, je tète l’amertume des pleurnichards archaïques. « Il a peur, il a peur, s’étonnent les bourreaux, regardez comme il a peur. » Vous verrez un jour que le malheur de vivre est bien plus fréquent que le bonheur de mourir. Je vis comme un prince sage, ayant renoncé aux droits de sa naissance, espérant pourtant que le père, un jour, rétablisse mes droits sur la société.

 

J’ai vu son nez de trompette humer l’air comme un papillon attardé et son soutien-gorge s’amuser de la transparence du coton, chevilles lourdes et évasives, poitrine abondante et juteuse, fruits à maturité qui ne demandent qu’une traite experte, un massage confus et brouillon. Petite voix aiguë s'élevant comme une flûte enfantine, liquide marbrée qui remue en rythmes crépusculaires.

 

Mais où es-tu mon amour ? Où es-tu ?