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28.08.2008

Maroc

Derrière la vie, la mort et derrière la mort, encore l’amour…

Une princesse en papier aux couleurs de feu souriait si familièrement aux paradis perdus qu’elle fut sauvée des tempêtes, des deuils et des naufrages. Un jour, en un souffle de rien, elle disparut sans que personne ne s’en soucie. Nul ne cria à l’Ouest ni à l’Est pour retrouver la femme illuminée.

Quelques siècles plus tard, après quelques guerres meurtrières, son regard fut inscrit au rang des merveilles du monde, pas très loin de ce phare d’Orient englouti en un soir par les furies des flots. Et les hommes, perdus dans leur navire de fortune, se repèrent encore à ses yeux lumineux de déesse assoupie.

Petite tendresse au seuil de la porte du millénaire, n’ouvre pas trop vite tes grands yeux doux. Attends, attends encore, attends toujours. Laisse maman te bercer et te chuchoter les mots fous… Laisse la brise caresser tes cheveux, écoute venir la nuit sans crainte. N’écoute pas les guides de mauvaises fortunes, cours dans les ruelles de coton, rebelle à la révolte, blottis-toi contre le ventre maternel et tête le lait frais de l’existence nouvelle. Demain, aventurier, tu partiras à la conquête de l’or, mais aujourd’hui tu sais rêver encore.

Aux dieux perdus, à nos prières oubliées, aux croyances désespérés et au triptyque enchevêtré des anciens temps. Dans une lumière de sagesse, le vieil homme édenté à la canne d’ivoire posa un genou sur le sol déformé. Les dalles vacillantes le soutinrent tant qu’elles le purent. Peu à peu, la pierre remonta sur la chair pourrissante, les os craquèrent, et il fut enfermé pour l’éternité au côté de ses divinités.

A l’aube, Yassim vient parfois jouer près de cette statue qui n’intéresse plus. Si jeune, si fragile, si beau et pourtant si tentant…

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