17.01.2008
BBBOOOUUUHHH
Vous savez, la Vérité, c’est une cour de prison où t’en finis plus de tourner en rond, de voir tes copains crever de silence et puis ta femme s’enfuir. Vous savez, la Vérité, ça ne dure qu’un moment parce qu’à force de la dire, on se lasse, on préfère vivre et puis se taire. Moi, quelque part, la Vérité elle m’a tué de nombreuses fois. La première, la meilleure comme on dit, c’est quand les poils ont poussé, que la barbe s’est durcie et que les yeux plissés, j’ai dit comme ça : « Maman, je sors, pousse-toi de là. » L’a pas voulu comprendre alors la gifle, elle est partie toute seule et la route s’est ouverte, énorme et belle, gigantesque et insatiable. Ouais, c’est là que j’ai croisé mes frères, des types qui en avaient gros sur la patate et qui ne s’arrêtaient pas à la cravate. Savaient voir les plaies et les cicatrices, des trucs qu’à l’école, ils font semblants d’ignorer. Ah, les hypocrites, ils ont le jugement sûr, la voix qui tremble pas et les intonations. Alors donc, Ma mère, ce premier soir, je l’ai écrasée contre le mur d’en face. J’étais un géant qui ne redoutait certainement pas la colère de Dieu… Et je suis passé de l’autre côté, aussi facilement qu’une petite fille à travers un miroir. Depuis le voyage se poursuit, avec tant de déceptions que l’on renonce à les compter, avec tant d’appétit, que beaucoup vous abandonnent par peur du ridicule.
Ah, mes passions, mes petites chéries, mes corps aimés…
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09.01.2008
Complices
00:40 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.01.2008
Bonne année 2008, my friends
Un 31 solitaire, c’est sociologiquement révolutionnaire. Ca fait réfléchir sur les années passées, les amis perdus ou oubliés, ceux avec qui on n’a plus la force de partager quoique ce soit, parce que les déceptions, parce que la vie, parce que plus de mots… Ca me coûte d’articuler, d’inventer des sentiments, de m’imaginer que l’année prochaine, ce sera différent parce que quelques gouttes de vie se seront échappées de mon corps et de mon esprit. Rien de tout ça n’est vrai, bien sûr, tout sera comme avant, le même gâchis, la même déception. Je sais que je suis pas seul à penser comme ça, que c’est juste un hasard malheureux si c’est moi qui écrit, tandis que d’autres se perdent dans les fêtes en redoutant le mal de crâne et l’aspirine du lendemain. J’aime bien d’ailleurs la fête, ça ressemble à l’oubli. Et puis, y’a pas que ça, y’a les rencontres, les filles et les garçons, les parfums qui se mêlent aux sueurs, la civilisation au secours du primitif. Parfois, et il faut bien le reconnaître, c’est pas si triste la vie, c’est juste inutile et trop court, l’insatisfaction permanente… Je partage désormais mes nuits et mes jours avec l’impossibilité de dire ce que je ressens, par peur de blesser ou de me tromper. Les codes sociaux m’écoeurent, sans doute parce que ma jeunesse est derrière et que ma silhouette, grossie par les ans, peine à traverser les portes. Sur le seuil clinquant, j’observe les danseurs, les pas de « un deux trois », les longues robes et les costumes étriqués. La défonce, belle défonce, la merveilleuse blanche, la délicate blanche qui me ramène au temps jadis, sur mon lit d’enfant où durant des heures, j’envoyais une balle contre le mur de ma chambre. Il est si aisé de se perdre dans un semblant de respectabilité. Un sommeil profond n’est que l’aube d’un réveil douloureux. Serais-je en train d’assassiner mon amour ? Que me dicte mon cœur et d’ailleurs, sais-je encore l’écouter ? Faibles battements face au fracas du quotidien.
Mon rôle, mon rôle ! Qui peut donc m’expliquer mon rôle ?
Un guide, un guide ! Qui peut donc me guider ?
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