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09.01.2008
Complices
Ce soir là, il était tard depuis très longtemps et la nuit vivait ses dernières obscurités. L’errance qui se renouvelle n’est qu’une mauvaise habitude, une tromperie facile mais ce soir là, quelque chose s’était brisée, quelque chose qui sans doute ne se réparerait pas. Au volant, tandis que l’ivresse tardait à s’envoler, la route défilait à grandes enjambées. Quelques gouttes de sueur sur le front et l’hésitation… Au loin, les vertes collines irlandaises… Des mots apaisés, le silence enfin après toute cette fureur. Mais derrière ? Des sourires à jamais mélancoliques et le profond regret de ne plus pouvoir se toucher. Comment vivre sans l’odeur pénétrante d’une maison habitée par des enfants, par les jeux et les pleurs, les contes et les joies. Il existe des gens sérieux, au-delà des mers et des paris enfantins. Devant ceux-là, que dire ? Moi, oui moi, j’ai connu les aventures de Sindbad et de Scaramouche, des histoires, ma fille, des histoires… Je n’en suis pas si sûr ! Qui pourrait dire ? Des prétentieux, ça pullule mais des gamins, c’est plus rare. La nuit, elle vous avale et c’est difficile de parler, de parler vraiment, des blessures et des cicatrices. Et à la fois, parfois, on se fait confiance. Et voilà tout… Je ne suis pas avare de mes sourires, ni d’amour. Je fais confiance à la nuit, voilà tout… Ah, tu connais cette chanson de Ferré, « les vieux copains », j’suis pas un gars sérieux. J’suis un de cela, mon Dieu ! « les vieux copains, qui mangent à la Sécu et qui ne savent plus où est le quartier latin… » Parfois, on se souvient, les longues marches qui s’achèvent forcément mais vers qui… Il y a des sourires qui ne trompent pas, des phrases qui se terminent par des Camarades, des slogans qui font signes de vie. La résistance commence aujourd’hui, devant toute cette vulgarité et ces hommes qui ne s’accordent plus. Anarchie ! Alléluia ! A Chicago, une mère dans son cercueil attendait ses deux enfants. Ils ne viendront pas si vite. Ils patienteront avec leurs larmes. Et moi, silencieux, qui me souvenais de mon frère que les anges n’ont pas fini de soulever. Les pauvres, ils ne savaient pas… Et ma sœur dont le cœur lâche tandis que je vis à pleins poumons, d’une force dont les autres ne devraient pas m’envier. Monsieur Daniel, un employé modèle ! Et à la fois, si peu, un peu mystérieux, le gaillard, avec son costard de pauvre con, son air de « je sais, je sais » et qui, évidemment, ne sait rien ! c’est exactement ça, la vie, un malentendu, ma main grande ouverte qui soulève mes fils, qui leur apprend les dieux, les dinosaures et le chanson française. La mélodie, l’essentiel… L’essentiel tient dans un baiser ! Et Dieu que cela coûte cher !
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