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17.10.2006

Fredo

Sur ses gros bras de bagarreur
Il est tatoué comme un camion
Son seul salut, c’est la baston
Le samedi soir après l’labeur

Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il pleure maman et p’is l’frérot
Partis trop tôt au firmament

Putain de bicot qui va vous dire
Vingt ans au Front, c’est du sérieux
C’est pas le bourgeois, le miséreux
Mais ben l’pauvre gus que l’on vire

Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il flingue sa vie à coups d’marteaux
Assaisonnée aux petits blancs

On casse du flic comme un miroir
Dans les tourelles de la cité
Alors on s’meurt, on s’laisse aller
Une vie au SMIC, c’est pas d'espoir

Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il veut la paix des bons gogos
Et une retraite immédiatement

Le dos cassé, le ventre plein
Il roule ses sèches en maudissant
Cet enculé d’gouvernement
Qui l’ratiboise à taux malsain

Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il rêve du beau et p’is du chaud
Sur sa mob rouge et à deux temps

Maintenant qu’il porte des lunettes
Pour consulter sa p’tite gazette
Voilà les jeunes qui se la pètent
Sans dégotter une bonne perpette

Mais le Fredo a plus vingt ans
Et dans son gros cœur d’artichaut
Il sue la honte et c’en est trop
Il quitte la vie sans enterrement

Son corps qui flotte est ramassé
Par des bouseux nécessiteux
Lui rasent le crâne au malheureux
Pour quelques pièces mal gagnées

Mais le Fredo a une nana
Qui se souvient de ses gros bras
Et qui devant un bon cur’ton
Brûle des cierges à ce pauvre con

12:15 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

16.10.2006

A ...

Cent fois je suis mort,

Cent une fois je renais

Dans ce mensonge, dans cette beauté

Dans cette femme pure que je n’ai pas rencontré

Rien n’est beau si ce n’est le silence de l’amitié

M’aimes-tu ?

Evidemment non

Ton indifférence, ta lassitude

Rien n’évoque l’amour si ce n’est l’habitude

Et moi qui ne suis qu’un enfant

C’est sûr, pas de Dieu ni de ma mère

Un enfant perdu, libre et fou

Jeune et vieux, un homme peut-être

Quelqu’un qui combat, c’est rare

Quelqu’un qui n’accepte pas

Et surtout pas cela

Le cœur à vif,  bien à vif

Un type de peu de talent

Mais qui parle quand même

ET QUI CRIE
POURQUOI NE M’AIMES-TU PAS ?

Ma belle,

Parce que tu es vieille, si vieille que je ne te vois plus…

21:20 Publié dans Toutes les notes du Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Où donc se cachent mes émotions ?

Où donc se cachent mes émotions ?

Il y a ces bistrots qui me sont interdits où les durs boivent à leur perte en regardant la pluie et les années défiler.

Il y a ces deux fils qui ne vont pas cesser de grandir et qui, un jour, me laisseront sur le bord de la route en se racontant leur histoire.

Tant de déceptions et d’amertume dans ce temps passé, tant de larmes à venir dans ce paysage rougissant.

Où donc se cachent mes émotions ?

Il y a ces belles femmes aux corps vieillis, aux mots cruels et qui ne me pardonneront jamais les étreintes impossibles, les mensonges silencieux.

Il y a ce frère adoré dont l’absence éternelle appelle constamment des gestes absolus et des prières solennelles.

Tant de tristesse pour si peu de joie, tant de souffrance pour si peu de répit.

Où donc se cachent mes émotions ?

Il y a ces soirs infernaux où la nuit, déguisée en grande putain désespérée, me somme de m’enfoncer en elle pour quelques pièces argentées.

Il y a ces amis si lointains qui ne savent plus pourquoi nous nous sommes tant aimés et tant détestés, cette distance fatale qui tue l’idéal.

Rien n’a d’importance dans mon cœur rance.

Où donc se cachent mes émotions ?

Dans les vœux d’une mère, des paroles chuchotées qui n’engagent personne, ni le roi ni la reine sous les rires d’une cour fatiguée.

Dans les promesses d’un père qui ne se connaît plus et qui rêve d’ailleurs sans savoir qu’il le touche

Douces étoiles disparues sous les ombres maléfiques.

Où donc se cachent mes émotions ?

Auprès d’une blonde ou d’une brune cajoleuse, sous les feux de la rampe, à New York ou Paris, en rotant une bière infinie, en trichant sur la vie.

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05.10.2006

Conseil de minuit

Ce sont nos sentiments honteux que nous devrions aimer au lieu de les assassiner.

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