11.07.2006

Le retour de la bête

La mort, cette vieille amie, n’est pas là. Et pourtant. Comme un songe, à toujours. Celui qui écrit, celui qui vit… Ce n’est pas un combat, une évidence. Les phrases courtes, quelle ironie pour décrire cette chose qui dure, cette volonté de transcrire, de ne pas abandonner face à l’absurdité, tout en acceptant.

Un sentiment… Un noble sentiment…

Il y a longtemps, sous le soleil méditerranéen, j’accueillais une fille garçon à la longue cicatrice qui n’avait pas vécu, tout comme son hôte. Nous étions une escorte indigne, inexpérimentée, emplie du souffle de la vie. Le premier envol n’est pas celui du cynisme. Les arbres défilaient sous la folle agitation des vitres, une voiture pour un rendez-vous programmé. Une femme manque à l’appel. Ses yeux tuaient. Je n’ai guère de souvenirs, ils sont trop nombreux et puis, aujourd’hui, seul compte le bonheur. Je n’ai rien à expliquer, personne ne le fait. L’honnêteté des dupes, antique soupe rance pour les Machiavels de la petite heure. Le style, la musique, tout dépend. De quoi parlons-nous ? Ce faible pour l’hermétisme, je ne l’ai jamais renié. Tout comme la splendeur inattendue de renaître chaque jour.