29.10.2005

Eloge

Même en dessous, les femmes sont au dessus.

26.10.2005

Question d'époque

Chez les pères, il est à la mode de développer son instinct maternel.

25.10.2005

Naïveté d'autrui

J'ai beau avoir le diable au corps, certains me donnent encore le bon dieu sans confession.

24.10.2005

Revanche du loser

Tout bien considéré, la réussite n’est qu’un jeu solitaire qui se pratique beaucoup dans les maisons de retraite.

Question de point de vue

Si l’on part du principe qu’enculer est une chose agréable, pourquoi ne pas admettre que se faire enculer l’est tout autant ?

Espoir

Il vaut mieux être joyeusement inconnu que tristement célèbre.

23.10.2005

Tournicoti Tournicota

J’ai perdu la tête à force de tourner en rond.

Lucidité filiale

Si vous croyez que se perdre n’a aucune conséquence durable, parlez-en donc aux jupons de ma mère.

21.10.2005

Exception à la règle

 

 

 

Forcément ils ont parlé, avec des mots sales sur des sentiments qu’ils ne leur appartenaient pas. Les badauds de dix-sept heures viennent chercher leur enfant à la sortie des classes. Les voitures se rangent en double file mais s’agressent poliment parce que madame est peut-être au conseil de l’école. Elle sont jolies, les « madame », avec leurs boucles en or et leurs sourires qui ne sont plus pour moi. Le ciel ne s’est pas encore abattu sur eux et tant mieux. Qui souhaiterait le malheur des autres ? Les villes se ressemblent, avec des vies et des secrets derrière chaque immeuble, des drames qui se nouent la nuit et demeurent invisibles au grand jour perçant. La neige a enseveli mon cœur, une nuit de novembre, peu après que la kermesse de Toussaint eut rempli les cimetières comme des stades, les soirs de grand match. Ces pèlerinages deviennent trop rapidement nos familiers, nous devrions nous en méfier. Elle n’est pas saine, cette acceptation de la mort. Jamais. La fête peut donc commencer avec notre vieille manie chinoise d’utiliser la poudre pour colorer les cieux étoilés. Je ne suis plus qu’un fantôme, une ombre en errance et je reçois désormais le réconfort comme une phrase lancée en l’air par ceux qui n’ont pas souffert. Mes épaules se courbent du poids des forçats qui eux, au moins, ont ce mince espoir de s’échapper du bagne. J’en ai connu un qui répétait à qui voulait l’entendre que jamais il ne retournerait là-bas, il préférait la mort. Quel farceur ! Le jour où il a replongé, il n’avait pas préparé sa dent creuse à l’arsenic pour s’effondrer dans le panier à salades. Il était encore plein des larmes de la vie.

 

20.10.2005

Retour de cuite

L'amitié n'est pas un sentiment, c'est une survie.

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